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Se lancer dans une formation longue alors que l’essentiel de sa carrière professionnelle est derrière soi ? Andrea Lanz et Laurence Harder ont osé et elles ne regrettent pas. Témoignages et conseils.
« Ce Brevet a été une renaissance professionnelle. Si j’avais su, je l’aurais fait plus tôt ! »
Laurence Harder, 55 ans, a validé un Brevet fédéral d’assistante de direction. Outre des compétences nouvelles, la formation lui a permis de repenser tout son rapport au travail et de renouer avec son fort intérêt pour le savoir et la connaissance.
« J’étais assistante de direction depuis de longues années et j’avais conscience qu’une mise à jour de mes connaissances était nécessaire. Un jour, j’ai participé à un bilan professionnel proposé gratuitement par la Confédération (par le programme ViaMia). J’y suis allée sans beaucoup d’attentes et j’ai été surprise par la prise en charge très sérieuse. Il en est ressorti que si mon parcours et mon expérience étaient impeccables, il me manquait un diplôme pour faire la différence sur le marché. En effet, j’ai arrêté les études en cours de maturité. J’ai suivi une école privée d’assistance de direction, puis je suis partie apprendre l’allemand et l’anglais à l’étranger. Les langues sont une passion. J’ai toujours continué à me former dans le domaine et elles ont eu une influence indéniable sur mes possibilités de carrière. Mais aujourd’hui, l’univers professionnel a bien changé et un diplôme fait la différence lorsque l’on se présente à un poste.
Ma première réaction, lorsqu’une conseillère d’orientation m’a évoqué le Brevet fédéral, a été de me dire que c’était une pure folie, que je ne pourrais pas reprendre les études, parce que j’étais seule avec un enfant à charge, mais aussi par manque de confiance. Romandie Formation m’a été fortement recommandé mais comme il ne restait qu’une seule place, j’ai dû me décider en deux semaines, après en avoir discuté avec mon employeur au préalable.
Un rapport repensé au travail
Ce diplôme apprend tout ce qui est nécessaire lorsque l’on vient assister une direction : économie, droit, marketing, RH, management de projet, correspondance. Des domaines auxquels j’avais bien sûr déjà touché, d’autres non. Quoiqu’il en soit, c’est l’approche qui diffère. Aujourd’hui, je ne fais plus mon travail de la même manière. Nous avons été tellement enrichis durant cette formation, c’est comme si je faisais soudain tout mon travail de manière consciente. Je sais ce qui est de mon ressort et ce qui ne relève pas de moi. Je sais aller chercher les informations qu’il me manque, être efficace, m’organiser, gérer mon temps, mon énergie, mes priorités, répartir un flux intense de tâches, déléguer, etc. J’aurais souhaité avoir fait ce diplôme il y a dix ans. Cela aurait changé toute ma carrière.

Une organisation solide et des efforts
Pour concilier cette formation avec ma vie professionnelle et personnelle, il m’a fallu une organisation solide. Au travail, je n’ai pas eu le soutien escompté du management. Je réalise aujourd’hui combien l’appui de l’employeur est essentiel. Sur le plan privé, je n’ai pas pu compter sur un entourage solide pour garder mon enfant et il m’a fallu anticiper. Par ailleurs, bien répartir la charge de travail supplémentaire a représenté un sacré défi.
Une remise en route
Comme lorsque l’on se remet au sport après une longue pause, la remise en route est difficile et demande quelques sacrifices. Il faut s’accrocher au début et cela demande un peu de courage. J’ai surtout dû surmonter ma peur de l’échec. Mais autour de cinquante ans, c’est un peu le moment où jamais ! Pour ma part, après avoir passé ce cap des débuts, j’ai renoué avec le goût des études.
Ce Brevet a déclenché chez moi toute une réflexion sur mon rapport au travail. Je comprends mieux l’univers professionnel et j’ai changé de poste. Depuis, je me sens active dans ma propre carrière. Je continue à me tenir à jour et j’ai retrouvé le goût d’apprendre et de me tenir au courant des évolutions. Je suis des modules d’ « e-learning » et des conférences. Je sais que je vais continuer à me former. C’est devenu quelque chose d’indispensable.
Au fond, ce Brevet m’a permis de réparer une cassure profonde que j’avais avec les études. Je voulais faire un apprentissage, mais mes parents souhaitaient que je réalise des études académiques. Ce Brevet a été une expérience magnifique, qui m’a permis d’apprendre une quantité de choses, et au final m’a réconciliée avec moi-même. »
« Je suis plus à l’aise dans mon travail et j’ai appris des techniques qui changent les rapports avec mes collaborateurs. »
Andrea Lanz, 54 ans, responsable du service RH au Tribunal Fédéral, a validé un Brevet fédéral de spécialiste en Ressources Humaines. Une formation qui lui a apporté davantage d’assurance et d’autonomie à son poste, mais aussi une ouverture à d’autres secteurs professionnels.
« J’ai été promue en 2021 en tant que responsable du service RH. Le Brevet fédéral de spécialiste en RH faisait partie des prérequis pour obtenir ce poste. Même si le suivi d’une telle formation n’était pas une priorité pour mon employeur, je souhaitais développer mes compétences dans le domaine. En effet, bien qu’ayant été assistante de direction chez cet employeur durant près de vingt-deux ans, j’avais uniquement suivi un certificat RH. Le Brevet constituait donc une sorte de « mise en conformité », à mon sens. Dès le départ, le soutien de ma direction a été complet. Un jour hebdomadaire m’a été accordé pour pouvoir me former en plus des révisions les soirs et les week-ends.
Se replonger dans une posture d’apprenant
Retrouver une posture d’apprentissage a été assez difficile pour moi, car j’ai suivi toutes ces sessions en français, alors que ma langue maternelle est l’allemand. Travailler ses cours le soir après une journée chargée n’est pas non plus idéal. Cela implique de faire une croix temporaire sur sa vie sociale. Si c’était à refaire, je tâcherais de travailler à temps partiel. Heureusement, mes enfants sont grands et l’aide de ma famille, ainsi que le soutien de toute l’équipe RH au travail, ont été très importants. Les autres recommandations que je donnerais, sont de toujours prendre connaissance des supports avant de se rendre en cours, de réaliser régulièrement des résumés, pas juste en dernière minute, et de travailler de manière soutenue et intense tout au long de la formation. Les chargés de cours de Romandie Formation nous ont efficacement soutenus et spécialement bien préparés aux examens oraux. J’ai aussi pris deux semaines de congés non payés pour me consacrer uniquement aux révisions. C’était vraiment nécessaire et cela a payé !
Apprendre des autres
Cette formation a changé beaucoup de choses. Je suis davantage consciente de toutes les dimensions de mon travail. J’ai une vue beaucoup plus large des enjeux et des sujets. Je sais remettre une information en question, rechercher des articles de loi dans le domaine des assurances sociales, de la loi sur le travail ou dans tout type de sources juridiques concernant le droit du personnel public et privé. Je suis plus à l’aise pour répondre à nos clients internes, qui sont nombreux à être juristes, et pour suivre les changements constants auxquels nous faisons face.
Nous avons aussi appris beaucoup de techniques. A cinquante ans, on n’a pas fait le tour des « softs skills » que l’on peut acquérir. Je sais donc mener des entretiens de feed-back, sans accuser l’autre, par exemple. Enfin et surtout, j’ai appris des autres. Nous avions un groupe WhatsApp et Teams entre participants. Parfois, des sujets surgissaient hors des cours : « Quels formulaires de protection des données utilisez-vous pour les formulaires de contact d’urgence des collaborateurs ? » J’ai donc découvert une quantité de petits trucs et astuces, d’idées ou d’innovations. En cela, cette formation a été une belle ouverture à d’autres milieux professionnels. »
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